Faire tourner le GPS du véhicule et celui du téléphone en parallèle donne l’impression de sécuriser le trajet. En pratique, deux heures d’arrivée, deux alertes et deux changements d’itinéraire obligent le conducteur à arbitrer pendant qu’il devrait observer la route.
Le problème n’est pas le nombre physique d’écrans dans l’habitacle. Il apparaît lorsque deux interfaces demandent simultanément une décision de navigation. La règle opérationnelle est donc : une source principale active, un secours préparé mais silencieux, toute modification complexe à l’arrêt.
Ce que dit le Code de la route
L’article R. 412-6-2 interdit de placer dans le champ de vision du conducteur d’un véhicule en circulation un appareil en fonctionnement doté d’un écran qui ne constitue pas une aide à la conduite ou à la navigation. L’exception pour la navigation ne signifie pas que toute manipulation de l’écran devient sûre ou autorisée sans limite.
L’usage d’un téléphone tenu en main reste interdit par l’article R. 412-6-1, tout comme le port à l’oreille d’un dispositif susceptible d’émettre du son, sauf exceptions prévues. Le conducteur doit également rester en état d’exécuter sans délai les manœuvres nécessaires. Préparer l’itinéraire avant le départ reste donc plus robuste que le reconfigurer en roulant.
Pourquoi deux GPS créent une charge supplémentaire
Deux services peuvent utiliser des données de trafic, des paramètres et des heures de mise à jour différents. L’un privilégie une voie principale, l’autre une rue secondaire. Lorsque les consignes divergent, le chauffeur doit lire, comparer, choisir et parfois expliquer son choix au passager.
La Sécurité routière rappelle que regarder un téléphone retire le regard de la route et que l’inattention est impliquée dans une part importante des accidents corporels. Il n’est pas nécessaire de mesurer soi-même un seuil de secondes pour agir : si une information exige plusieurs lectures ou gestes, elle doit être traitée avant le départ ou après un arrêt sûr.
Une source principale, quatre critères de choix
- Lisibilité. Consigne suivante visible sans détour prolongé de la tête.
- Stabilité. Support fixe, alimentation fiable et absence de surchauffe.
- Compatibilité métier. Saisie de la destination et partage d’heure d’arrivée préparés avant la course.
- Confidentialité. Permissions, historique et partage de localisation compris et réglables.
Le comparatif des applications de navigation VTC permet d’évaluer ces points. Ne choisissez pas uniquement celle qui promet le trajet le plus rapide sur un exemple.
Préparer le téléphone de secours sans l’allumer en double
Le secours doit être disponible si la source principale perd le réseau, l’alimentation ou l’affichage. Avant le service :
- chargez l’appareil et testez le câble ;
- téléchargez la carte hors ligne de la zone utile si l’application le permet ;
- enregistrez seulement les adresses nécessaires au service ;
- désactivez ses consignes vocales et notifications tant qu’il n’est pas utilisé ;
- placez-le hors de la zone d’attention active, mais accessible une fois stationné.
Le secours devient la nouvelle source principale seulement après un arrêt dans un emplacement autorisé et sûr. Éteignez ou quittez l’ancienne navigation avant de repartir.
Procédure lorsqu’un GPS propose un autre itinéraire
- Continuez à suivre la route en cours sans manœuvre brusque.
- Écoutez la consigne suivante de la source principale.
- Si une décision immédiate reste sûre et évidente, poursuivez ; sinon, manquez la bifurcation.
- Le système recalculera ou vous pourrez vous arrêter pour comparer.
- Annoncez simplement au passager qu’un recalcul est en cours, sans débattre écran en main.
Un détour raisonnable vaut mieux qu’un changement tardif de voie. La navigation sert à aider la conduite, pas à commander une manœuvre dangereuse.
Deux écrans peuvent avoir deux fonctions différentes
Afficher la carte sur l’écran du véhicule et garder, sur un autre appareil, une interface de course statique n’est pas nécessairement une double navigation. Mais le second écran ne doit pas solliciter le conducteur en mouvement. Les nouvelles courses, messages, prix et détails client se traitent à l’arrêt.
| Écran principal | Second appareil | Décision |
|---|---|---|
| Navigation active | Même navigation active | Désactiver le doublon |
| Navigation active | Course en attente sans alerte | Consulter à l’arrêt |
| Navigation en panne | Carte de secours prête | S’arrêter, basculer, repartir |
| Navigation active | Vidéo, message ou tableau de bord non routier | Retirer du champ de vision en circulation |
Installer le support sans inventer une homologation
Parler de « support homologué » sans référence réglementaire précise est trompeur. Évaluez plutôt des critères observables : fixation stable, absence de gêne pour la visibilité et les commandes, refroidissement, câble non pendant et écran placé aussi près que possible de l’axe de vision sans masquer la route.
L’article sur le support smartphone VTC détaille l’installation. Testez-la véhicule arrêté, puis sur un trajet sans passager, sans régler le support en roulant.
Réduire les sons et les alertes
Deux voix qui se contredisent dégradent l’attention et l’expérience passager. Gardez une voix de navigation à un volume compatible avec les sons extérieurs et les alertes du véhicule. Désactivez sur l’appareil de conduite :
- aperçus de messages ;
- alertes commerciales ;
- notifications de réseaux sociaux ;
- sons de la seconde application GPS ;
- demandes non urgentes de l’exploitation.
La centrale doit connaître la règle : un conducteur qui ne répond pas rappelle lorsqu’il est stationné. L’organisation ne doit pas créer une urgence artificielle.
Protéger les données de localisation
Faire tourner deux services peut doubler les acteurs recevant la localisation et conserver deux historiques. La CNIL rappelle qu’une application de navigation peut avoir besoin d’une géolocalisation continue pendant le trajet, mais pas lorsqu’elle n’est pas utilisée.
Pour chaque application :
- limitez l’autorisation à l’utilisation de l’application lorsque c’est compatible avec le service ;
- désactivez la collecte en arrière-plan non nécessaire ;
- vérifiez l’historique de positions et sa suppression ;
- contrôlez les partenaires et finalités publicitaires annoncés ;
- retirez les permissions de l’application qui ne sert plus.
Sur un véhicule partagé ou loué, déconnectez les comptes personnels et effacez les destinations enregistrées à la restitution. Le domicile d’un client, une adresse médicale ou un lieu fréquenté ne doit pas rester visible au conducteur suivant.
Le passager propose son propre itinéraire
Écoutez la demande sans regarder son téléphone. Si le trajet peut être confirmé verbalement et reste compatible avec la circulation, la source principale peut être laissée recalculer. Si le client veut imposer une série de gestes, annoncez que vous vous arrêterez pour modifier la destination.
Ne photographiez pas son écran et ne recopiez pas une adresse personnelle dans plusieurs applications sans nécessité. Saisissez uniquement la destination utile dans la navigation retenue.
Test de configuration avant la première course
- Lancez une destination fictive à l’arrêt.
- Vérifiez visibilité, fixation, câble et température.
- Simulez un appel et un message pour confirmer qu’ils ne masquent pas la carte.
- Coupez le réseau et vérifiez le comportement hors ligne.
- Testez la bascule vers le secours, toujours véhicule stationné.
- Supprimez ensuite la destination et contrôlez l’historique.
Un standard d’équipe simple
Pour une flotte, écrivez les mêmes règles pour tous :
- navigation principale désignée avant départ ;
- aucun doublon sonore ;
- aucune saisie complexe en mouvement ;
- bascule de secours uniquement à l’arrêt ;
- notifications métier différées ;
- effacement des données sur véhicule partagé.
Contrôlez le dispositif et le comportement, pas le choix personnel d’une marque. Une source claire, correctement installée et maîtrisée vaut mieux qu’une accumulation d’applications.
Sources officielles
- Légifrance : article R. 412-6-2 sur les écrans dans le champ de vision
- Légifrance : article R. 412-6-1 sur le téléphone tenu en main
- Sécurité routière : attention et écrans au volant
- CNIL : géolocalisation et applications mobiles, juillet 2026
- CNIL : données de localisation des véhicules connectés, juin 2026
Sources consultées le 6 septembre 2026. Les réglages d’une application ne dispensent jamais le conducteur de rester maître du véhicule et de traiter les manipulations à l’arrêt.
